mardi 4 septembre 2012

Le dernier des Zola

Le jeune Gorgonn, était le plus poète.

La nuit il allumait les réverbères pour éclairer les songes, et le jour il collait les affiches pour ouvrir aux badauds les fenêtres de monde nouveaux. Tout ceux qui le connurent et le fréquentèrent avaient coutume de dire que la lumière qui émanait de lui était comme un manteau de douceur et de bienveillance qui continuait de les envelop
per longtemps après sa mort. 

Nana (Irina) Podcha, la célèbre danseuse, expliquait que marcher avec lui dans la rue la transformait totalement, tant sa manière de la voir, comme un enfant émerveillé, la faisait redécouvrir dans la pleine fraîcheur d'une enfance retrouvée. Elle illustrait par cette anecdote : »C’était à la fin du récital et nous étions dans une rue triste à pleurer. C'était l'heure livide entre la nuit et l'aube, l’heure laquelle les étals du marché de Paris sont approvisionnés. Et alors que je me lamentais, éreintée que j’étais, détestant le bruit et l'odeur, Gorgonn me montre de son pseudopode un poisson sur son lit de glace. Un peu hébétée, je ne réagis pas, et il me prend alors par le bras et me positionne pour que je voie mieux. Ses tentacules crâniens luisaient doucement. Et j’aperçois alors les reflets irisés sur l'écaille du poisson, et sur son ouïe naissaient et mouraient comme autant d'arc en ciels sur un fond de montagne irréel et minéral. Et dans ce ventre de Paris, suant la tripe et la misère, d'un seul changement de regard, j'atteignais le trésor des leprechauns, le paradis nacré des bouddhistes, l’extase des nervis. Et c’est cela que Gorgonn faisait à tous. Et maintenant, chaque fois que la laideur grotesque du quotidien m’entoure, c’est comme si Gorgonn était encore là, et d’un sourire, me désignait la porte du merveilleux me permettant d’en sortir. »
Pour coller les affiche, Gorgonn utilise la bave des omnistylommatophorae qui inonde les avenues les plus fréquentées

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