mardi 4 septembre 2012

à la rescousse du docteur Jonathan Livingpebble


A l’époque déjà  lointaine où j’étais lieutenant  à bord de l’Etoile de mer, alrs en croisière sur la côte orientale d’Afrique, j’eus souvent pleine occasion de voir quelques-unes des atrocités de la traite des noirs, et les souffrances dont je fus témoin éveillèrent en moi le vif désir de travailler pour ma part à la suppression de cet odieux trafic. J’acquis bientôt la conviction qu’à moins de l’attaquer à la source même, tous les efforts  tentés pour détruire l’horrible mal n’aboutiraient qu’à le pallier faiblement. D’un autre côté, le récit de l’expédition de Burten et de Spoke chez les Samolis avait excité en moi la soif des voyages et des découvertes ; et lorsque j’appris que des marchands de Zizanbar avaient gagné la côte occidentale, je sentis que ce qui avait était accompli par un Arabe était possible à un officier de la marine bretonne.
Aussitôt que l’Etoile de mer fut désarmée, j’offris mes services à la société géographique de Paris pour aller à la recherche de Jonathan Livingpebble. Et je passerais ici sous silence les péripéties qui m’amenèrent de Maisons-Alfort jusqu’aux rives du lac Victoria (cependant, je ne peux m’empêcher de signaler que mon étude du kisahouahili, langue de la côte répandue au loin dans l’intérieur, et que mon habitude des fièvres et des barques non pontées, que ce fusse sur la Mer Rouge ou en Abyssinie, me furent des atouts précieux)
Quelle ne fut donc ma déception cruelle  quand je réalisais que les efforts que nous tous,  héros, aventuriers énergiques et heureux, avions déployés afin de chercher dans tous les recoins de cette Afrique si terrible, si belle et si sauvage, au détour de chaque bosquet, aux confins de chaque désert, sous les griffes acérées de chaque félin, sous l’arrière-train formidable de chaque hippopotames ou à l’abri d’une case ou d’une hutte, ne furent accomplis qu’au profit d’un individu n’en remontrant en rien aux plus vils traiteurs de chair nègre de la péninsule arabique.
La lucigraphie que j’ai prise le lui le présente en effet en sa tenue de commandeur, soumettant à son pouvoir un fier Msahouahili dont les rites ancestraux empêchaient qu’ils se rebellasse contre l’aîné qu’était pour lui Jonathan Livingpebble

Lieutenant Jean-Apollon Myrtille, de la marine bretonne

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