mardi 4 septembre 2012

Astorpia Zola










La petite dernière des Zola, soeur jumelle de Gorgonn,  tomba folle amoureuse du peintre à gros pinceaux Nantes Lautrec, qui avait, pour la petite histoire une lointaine correspondance avec Toulouse, en passant par Perpignan. 
La pauvre Astorpia était aussi transparente que son frère jumeau, et quand les deux tombaient amoureux, on pouvait voir la graine d'un coeur se mettant à pousser puis à battre, visible par tous. Plus l'amour se développait en cette âme pure et plus le coeur grossissait, pulsait, et une lueur dorée aux reflets d'arc-en-ciel en émanait, irradiant doucement jusqu'à la voix d'Astorpia qui revêtait alors des accents de tango. 
Malheureusement, le peintre prit peur de cette lumière qui bientôt les éclairait constamment. Trop de beauté ? Trop de pureté ? Etait-ce parce que cette lumière effaçait toute ombre, et qu'il craignait de ne plus pouvoir peindre, lui qui se servait de son ombre noire pour habiter ses toiles. 
Quoiqu'il en soit, Astorpia se retrouva un laid matin seule, face à l'absence, au trou noir que son homme d'ombres lui laissa au pied d'un lit devenu immense. 
Désespérée, elle mit fin à sa vie en se jetant dans un seau d'éponges. 
Son frère qui la chercha en vain pendant des jours finit par retrouver son coeur, seul vestige d'une trop courte vie, destinée à tant de beauté, et qui finit trop tôt dans le plus complet malheur. Dans le seau d'éponge où disparut sa soeur, ne restait que le coeur, qui continuait de briller, avec une nuance nacrée et dorée, et c'est seulement en s'approchant de près qu'on pouvait voir, par une strie minuscule, qu'il était brisé.
Inconsolable, Gorgonn et ses amis se réunirent et construisirent une chapelle ardente, puis une église, en haut de la butte Montmartre, qu'ils peignirent en blanc en hommage à la pureté d'Astorpia, et qu'ils nommèrent Sacré coeur.
On ne revit jamais le peintre, et il est dit que son ombre après avoir tué Astorpia, les avait dévorés, lui et son remord.

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